mardi 22 février 2011

Lycaons Alex Barbier

Juste la préface de l' édition originale par Wolinski parcequ' elle est bandante . Ca se passe en 78 :

Alex Barbier vit je ne sais où, je ne sais comment . Il débarque trois fois par an au siège des Editions du Square avec ses planches . Je le rencontre parfois et nous parlons de choses et d' autres . Il n' est pas bavard . Moi non plus . On lui file un peu de fric et il retourne dans son trou .

Lorsqu' on lit les textes de Barbier, on se rend compte qu'il sait lire . Lorsqu' on regarde ses planches et qu' on suit son évolution, on constate qu' il progresse . Qu' il travaille, même .

C' est curieux le soin que la nouvelle génération, celle des moins de trente ans, apporte à démontrer qu' il n' y a rien d' autres d' important que jouir, jouir, vivre à en crever . Ils sont capables de gueuler ça pendant des heures avec derrière eux une sono démente, des lasers et des guirares en formes de bite, ou passer des journées de travail d' enlumineur à illustrer leur détachement de tout . Tout les fait chier, à part se défoncer pour dire que tout les fait chier. Ils ne méprisent rien , ils sont détachés de tout, lointains comme des princes . Finis les barbes, l' écologie et le gauchisme . un pare-choc de Buick, un milk-shake à la fraise, un comptoir de Mc Donald les attendrissent . Ils ne sont pas révoltés, ils s' en foutent . Ce sont les mêmes à Amsterdam à Paris à Moscou ou à Londres . Il y a parmi eux la même proportion de cons que dans les autres groupes sociaux . Et puis, au milieu de tout ça, des mecs qui ont du talent et qui trouvent ça pratique pour gagner leur croûte . Comme Barbier .






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